Ce que « 100 % humain » veut dire concrètement
La phrase est sur mon site depuis un moment, mais je ne l'avais jamais vraiment expliquée. Voilà ce qu'elle recouvre, très concrètement.
Quand vous me confiez un packshot, je pars de votre produit réel : les plans, le fichier CAO si vous en avez un, ou à défaut des photos sous plusieurs angles. Je reconstruis la géométrie point par point dans Cinema 4D. Je construis les matières une par une — la façon dont un plastique mat accroche la lumière n'a rien à voir avec celle d'un verre dépoli ou d'un métal brossé. Puis j'éclaire la scène comme on éclairerait un vrai plateau, avec des sources placées volontairement, et je lance le rendu sous Octane.
À aucun moment il n'y a de génération d'image par prompt. Aucune texture n'est produite par un modèle génératif, aucun plan n'est « imaginé » par une machine. Ce que vous recevez est le résultat de décisions prises une par une, dont je peux justifier chacune.
Pourquoi ce choix, alors que l'IA irait plus vite
Parce que sur un produit de marque, la vitesse n'est pas le critère qui compte.
Un générateur d'images produit quelque chose de plausible. C'est très différent de produire votre produit à vous. L'écart se joue sur des détails qui n'en sont pas : une proportion approximative, un logo recomposé de travers, un rayon de congé qui n'existe pas sur la vraie pièce, une finition qui ressemble à du métal brossé sans en être. Un œil non entraîné ne les voit pas toujours. Le chef de produit qui a passé dix-huit mois sur ce packaging, lui, les voit immédiatement.
Il y a aussi une question de contrôle. Un rendu modélisé se modifie. Si vous voulez décaler l'éclairage de dix degrés, changer la teinte du bouchon, ou refaire la même scène avec la version 2026 du produit, on ouvre le fichier et on modifie. Une image générée par prompt, on ne la modifie pas : on la regénère, et on obtient autre chose. Sur un projet où il y a des allers-retours de validation — c'est-à-dire sur à peu près tous les projets — cette différence décide de tout.
Enfin, il y a la question des droits et de la provenance. Vous savez exactement d'où vient chaque élément de l'image que vous allez diffuser, parce qu'il a été construit pour vous. Sur un support commercial, ça n'est pas un détail juridique anodin.
Ce que ça change dans le déroulé d'un projet
Le process est le même que celui que j'applique depuis le début : compréhension du brief, recherche visuelle et moodboard, storyboard, puis construction en 3D. Je partage des étapes intermédiaires tout au long pour que chaque décision soit validée avant le rendu final.
Cette étape intermédiaire est justement ce qu'un pipeline génératif rend difficile. Quand je vous envoie un rendu de travail, vous pouvez me dire « la lumière est trop dure sur l'arête droite » — et je déplace cette source-là. C'est une conversation sur des paramètres réels, pas une négociation avec une boîte noire.
En contrepartie, il faut l'assumer : le premier rendu demande plus de temps. Un projet CGI complet prend en moyenne entre 2 et 6 semaines selon la complexité. Les packshots et perspectives 3D peuvent être livrés en quelques jours. Les animations plus poussées demandent davantage, parce que la modélisation, le look dev et le rendu s'additionnent. Je communique toujours un planning détaillé avant le démarrage.
Trois projets faits comme ça
Rabanne — Phantom Intense (2026). Rendu intégralement modélisé et éclairé à la main.
Nintendo Switch 2 (2025). Un objet dont tout le monde connaît la forme exacte : c'est précisément le type de projet où une approximation de proportion se remarque instantanément.
Frama — Herbarium (2025). Packshot produit, modélisation et look dev sous Cinema 4D et Octane Render.
Est-ce que je refuse toute IA ?
Autant être précis, parce que la nuance est ce qui rend la promesse crédible plutôt que slogan.
Ce que je n'utilise pas : aucun outil d'IA générative dans la production des images que je livre. Pas de génération de texture, pas de génération de plan, pas d'image de synthèse produite par prompt.
Ce que la promesse ne prétend pas être : un rejet de tout logiciel moderne. Un moteur de rendu comme Octane fait des calculs sophistiqués — c'est un outil, pas un auteur. La distinction que je fais est simple : la machine calcule ce que j'ai décidé ; elle ne décide pas à ma place.
Si un projet appelle un usage d'IA quelque part dans la chaîne, on en parle et on le décide ensemble, explicitement. Ce que je m'engage à ne jamais faire, c'est vous livrer une image générée en vous laissant croire qu'elle a été construite.
Un produit à mettre en valeur, sans mauvaise surprise sur le résultat ? Envoyez-moi votre brief.
Article mis à jour le 28 juillet 2026.
